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IFT : comprendre le calcul et faire baisser l'indicateur
L'indice de fréquence de traitement mesure l'intensité de votre recours aux produits phytosanitaires. Demandé pour la HVE, les MAEC ou les démarches de groupe, il est surtout un excellent thermomètre pour piloter ses pratiques, à condition de le calculer correctement.
L'essentiel
- Pour chaque traitement : IFT = (dose appliquée ÷ dose de référence) × part de la surface traitée.
- La dose de référence est publiée chaque campagne par le ministère de l'Agriculture, par produit, culture et cible ; à défaut de cible précise, c'est la dose homologuée minimale qui s'applique.
- L'IFT de l'exploitation est la somme des IFT de tous les traitements, souvent présentée en séparant herbicides, hors herbicides et biocontrôle.
- Un traitement à pleine dose sur toute la parcelle compte pour 1 ; à demi-dose, pour 0,5.
Le calcul, pas à pas
Exemple : vous appliquez un fongicide à 0,8 kg/ha alors que sa dose de référence pour l'usage mildiou de la vigne est de 1 kg/ha, sur la totalité de la parcelle. IFT du passage : 0,8 ÷ 1 × 1 = 0,8. Si vous ne traitez qu'une parcelle sur deux hectares d'un îlot de quatre, la part de surface traitée réduit d'autant l'indice. Les doses de référence se consultent (et s'exportent en CSV) sur l'atelier de calcul de l'IFT du ministère.
À quoi sert l'IFT ?
C'est l'indicateur pivot de plusieurs dispositifs : certaines MAEC conditionnent leurs aides à une réduction d'IFT par rapport à une référence territoriale, la certification HVE l'utilise dans son pilier stratégie phytosanitaire, et les groupes DEPHY / 30 000 s'en servent pour objectiver les progrès. En interne, suivre son IFT millésime après millésime est le moyen le plus simple de mesurer l'effet réel de ses choix techniques.
Les leviers pour le faire baisser
- Ajuster les doses à la pression réelle et au stade végétatif plutôt que d'appliquer systématiquement la pleine dose.
- Améliorer la qualité de pulvérisation : un appareil bien réglé permet de traiter juste.
- Renforcer la prophylaxie : épamprage, effeuillage, gestion de la vigueur réduisent la pression maladie.
- Mobiliser le biocontrôle, comptabilisé à part dans la plupart des dispositifs.
- Raisonner à la parcelle : traiter les zones sensibles plutôt que l'ensemble par défaut.
Un IFT qui se calcule tout seul
Dans Mon Chai, chaque traitement saisi au journal des travaux (produit, dose, surface) alimente le calcul d'IFT de la campagne, en même temps que le registre phytosanitaire. Vous suivez l'indicateur en continu, sans tableur de fin de saison.
